Willy Ronis est mort…

Le photographe Willy Ronis, représentant célèbre de la photographie humaniste, est mort, dans la nuit de vendredi à samedi, à l’âge de 99 ans, a annoncé, samedi 12 septembre, une source proche du photographe. Après la mort de Robert Doisneau, dont la réputation l’avait longtemps éclipsé, Willy Ronis était devenu le principal représentant de l’école dite « humaniste » : il a fait partie de ces photographes qui, dans les années d’après-guerre, ont dépeint la France sous des traits souriants : petits métiers, bords de marne, couples d’amoureux, enfants farceurs…

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Comme Doisneau, Willy Ronis a gagné sa vie en publiant des reportages en noir et blanc dans la presse, en particulier dans le magazineRegards. Lié au Parti communiste, il affectionnait les sujets sociaux, montrant la vie simple et heureuse des gens ordinaires mais aussi les luttes et les grèves des ouvriers. Il a signé des nus délicats, dont son célèbre Nu provençal, une photo de sa femme faisant sa toilette devant la fenêtre.

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RETROSPECTIVE À ARLES

Les photos de Willy Ronis sont marquées par une composition soignée, une grande maîtrise de la lumière héritée de son goût pour la peinture hollandaise. Plusieurs sont devenues des icônes, comme son couple d’amoureux qui s’embrasse au sommet de la colonne de la Bastille, la ville de Paris à ses pieds. Ou son petit garçon bondissant, qui court dans les rues de Paris en portant un pain presque plus grand que lui.

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S’il ne pouvait plus se déplacer qu’en chaise roulante, le photographe avait gardé l’esprit vif et une incroyable mémoire de toutes ses années de reportage photographique, racontant ses aventures jusqu’au moindre détail. Salué par une rétrospective au festival d’Arles cette année, Willy Ronis était apparu en forme, souriant, répondant avec délice aux questions, multipliant les anecdotes. Alors qu’il avait abandonné son appareil plus depuis 2001, il prenait plaisir à rencontrer les personnes qu’il avait photographiées dans les années 1950, évoquant avec elles, autour de ses photos, une époque disparue. Il avait fait don à l’Etat de toute son œuvre.

Claire Guillot (Le Monde du 13 Septembre 2009)

 

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